Les textes

L'identité allaudienne (3/4)

Mémoire et histoire

Lucien Aschiéri

Docteur ès Lettres

  

Le troisième thème : la contrebande du tabac présente un triple intérêt : tout d’abord, par la massivité et surtout la spontanéité des témoignages ; ensuite parce que j’y vois un exemple de témoignage où la source orale supplée le document écrit qui n’existe pas ou si peu ; enfin, parce qu’il éclaire le fonctionnement de la tradition orale. La massivité et la spontanéité des témoignages sont évidentes pour quiconque se livre à une enquête orale auprès de la communauté allaudienne. Cette attitude pose néanmoins problème : pourquoi ce fait a-t-il été retenu alors qu’il ne valorise pas la communauté ? La rareté de documents s’explique d’une part dans le fait que la répression des fraudes en ce domaine est exercée par les Contributions Indirectes. Or, seules les archives des trente dernières années sont conservées. La contrebande du tabac ayant cessé au début du XXème, les éventuels procès verbaux qui auraient pu fournir de précieux renseignements ont été détruits. D’autre part, il est évident que, par mesure de prudence, les contrebandiers n’ont pas laissé de traces écrites sur leurs activités. Cependant, quelques témoignages indirects permettent d’affirmer que cette contrebande du tabac n’est pas un mythe.

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L'identité allaudienne (4/4)

Mémoire et histoire

Lucien Aschiéri

Docteur ès Lettres

 

A l’examen de ces témoignages, il apparaît qu’à partir de faits réels tout un légendaire ait pris naissance. Le regard porté sur la contrebande diffère du vécu. On assiste à une relecture de l’événement où tension, peur, angoisse sont évacuées pour laisser place à la farce. Le représentant de la loi n’est plus un homme craint, mais un être ridicule, tourné en dérision par les astucieux contrebandiers. Il n’effraie plus, il amuse. Ainsi, brode-t-on sur le thème du gendarme lourdaud joué par le voleur habile. C’est Guignol. Revanche du petit peuple sur l’Etat monopolisateur, envahissant et autoritaire mais, aussi, sur un pouvoir centralisé et dominateur. Revanche de la province sur la capitale…, psychodrame collectif, certes, mais avant tout expression de la cohésion de la communauté. Il est évident que la contrebande ne pouvait subsister que dans un groupe fermé et solidaire. La solidarité se manifestait lors de la visite des commis. Entraide pour échapper aux perquisitions mais aussi mutisme pour ne rien laisser transpirer de ces activités frauduleuses. C’était la loi du silence ou, suivant l’expression d’un témoin : la maffia.

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L'école à Allauch (1/3)

Texte prononcé à l'occasion du centenaire de l'École d'Allauch village par

Bernard Monge

Président fondateur de la Société historique Allauch - Plan de Cuques (13)

 

La première école d'Allauch ne date pas de 1896, certes, cette année-là des locaux neufs adaptés à l'enseignement primaire ont été construits dans le village, mais il y avait chez nous une longue tradition scolaire datant de plusieurs siècles et dont j'ai tenté, en butinant dans la poussière des archives Municipales, de relever quelques aspects.

Ecole-Allauch-Centre-01Les Historiens s'accordent à reconnaître la présence d'écoles dans les petites villes et les gros bourgs dès la fin du moyen âge mais fixent au XVIème siècle la généralisation de la scolarisation qui coïncide avec la francisation du pays bien que l'enseignement soit encore en partie prodigué en latin.

À Allauch, c'est le 11 novembre 1584 - près d'un demi-siècle après l'ordonnance de VILLERS-COTTERETS de 1539 par laquelle François 1er décide de promouvoir le ″langage maternel François″ - que l'on relève dans le registre des Délibérations du Conseil de la Communauté la plus ancienne référence à une école locale. Lors de cette séance, les neufs membres présents ″ont convenu d'un maître pour apprendre et enseigner bien et suivant tout son pouvoir les enfants de tous manants et habitants du dit lieu en la personne de Giraud BERNARD, du lieu d'Allauch, à compter d'aujourd'hui jusqu'à la Saint-Michel prochaine moyennant le paiement de 15 escus de sols payables de 3 mois en 3 mois. La Communauté sera tenue de fournir audit Monsieur BERNARD une maison pour faire estable et habitation et son lit avec linceuls (draps) et bonne couverture. Les particuliers (les parents d'élèves) nourriront ou feront nourrir″.

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L'école à Allauch (2/3)

Texte prononcé à l'occasion du centenaire de l'École d'Allauch village par

Bernard Monge

Président fondateur de la Société historique Allauch - Plan de Cuques (13)

 

... La vie scolaire va être empoisonnée en cette deuxième partie du XIXème siècle – et aussi au début du XXème – par l'affrontement entre les partisans de l'école laïque et ceux de l'école congréganiste. Deux sœurs de la congrégation des Saints Noms de JESUS et MARIE tenaient une école primaire de filles, mais sans diplôme. Sanctionnées par l'Inspecteur en 1846, elles quittent la Commune en dépit des démarches du Maire et ALLAUCH se trouve privé d'école pour les jeunes filles.

Cette vacance sera certes de courte durée. Et il sera communément admis chez nous que les demoiselles, c'est l'affaire des bonnes sœurs, on se battra autour de l'école des garçons.

Deux interventions du préfet, en 1855 et 1868, en vue de la création d'une école publique de filles ne trouveront aucun écho auprès de la Municipalité. L'école des Sœurs fonctionne d'ailleurs de manière satisfaisante; elle accueille 12 élèves indigents gratuitement et bénéficie en échange d'une subvention de la Commune.

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L'école à Allauch (3/3)

Texte prononcé à l'occasion du centenaire de l'École d'Allauch village par

Bernard Monge

Président fondateur de la Société historique Allauch - Plan de Cuques (13)

 

... Les plans et devis ont été dressés par l'architecte HATAT et approuvés par le Conseil le 25 Février 1894. Le coût de la construction s'élève à 54 000 Frs dont 30 % à la charge de l'Etat, 33 % à la charge du Département et 37 %, soit 19 980 Frs, sont supportés par la Commune qui contracte un emprunt sur 30 ans auprès du Crédit Foncier de France.

La première pierre est posée, nous l'avons vu, au début de 1896. Par contre, nous n'avons pu déterminer la date de l'inauguration ni celle de la première rentrée effective des élèves. Dans la mesure où le Conseil vote une ″rallonge″ de 7 872 Frs pour travaux supplémentaires et frais divers le 13 Février 1898 et l'achat de mobilier scolaire pour 850 Frs les 19 Novembre 1899 et 11 Mars 1900, ″vu l'urgence″, je ne pense pas que la première rentrée ait eu lieu avant Octobre 1899, et peut être même Octobre 1900. Ce qui est certain, par contre, c'est que l'entrepreneur SENES n'est toujours pas payé intégralement le 26 Août 1900.

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