Les textes

L'école à Allauch (2/3)

Texte prononcé à l'occasion du centenaire de l'École d'Allauch village par

Bernard Monge

Président fondateur de la Société historique Allauch - Plan de Cuques (13)

 

... La vie scolaire va être empoisonnée en cette deuxième partie du XIXème siècle – et aussi au début du XXème – par l'affrontement entre les partisans de l'école laïque et ceux de l'école congréganiste. Deux sœurs de la congrégation des Saints Noms de JESUS et MARIE tenaient une école primaire de filles, mais sans diplôme. Sanctionnées par l'Inspecteur en 1846, elles quittent la Commune en dépit des démarches du Maire et ALLAUCH se trouve privé d'école pour les jeunes filles.

Cette vacance sera certes de courte durée. Et il sera communément admis chez nous que les demoiselles, c'est l'affaire des bonnes sœurs, on se battra autour de l'école des garçons.

Deux interventions du préfet, en 1855 et 1868, en vue de la création d'une école publique de filles ne trouveront aucun écho auprès de la Municipalité. L'école des Sœurs fonctionne d'ailleurs de manière satisfaisante; elle accueille 12 élèves indigents gratuitement et bénéficie en échange d'une subvention de la Commune.

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L'école à Allauch (3/3)

Texte prononcé à l'occasion du centenaire de l'École d'Allauch village par

Bernard Monge

Président fondateur de la Société historique Allauch - Plan de Cuques (13)

 

... Les plans et devis ont été dressés par l'architecte HATAT et approuvés par le Conseil le 25 Février 1894. Le coût de la construction s'élève à 54 000 Frs dont 30 % à la charge de l'Etat, 33 % à la charge du Département et 37 %, soit 19 980 Frs, sont supportés par la Commune qui contracte un emprunt sur 30 ans auprès du Crédit Foncier de France.

La première pierre est posée, nous l'avons vu, au début de 1896. Par contre, nous n'avons pu déterminer la date de l'inauguration ni celle de la première rentrée effective des élèves. Dans la mesure où le Conseil vote une ″rallonge″ de 7 872 Frs pour travaux supplémentaires et frais divers le 13 Février 1898 et l'achat de mobilier scolaire pour 850 Frs les 19 Novembre 1899 et 11 Mars 1900, ″vu l'urgence″, je ne pense pas que la première rentrée ait eu lieu avant Octobre 1899, et peut être même Octobre 1900. Ce qui est certain, par contre, c'est que l'entrepreneur SENES n'est toujours pas payé intégralement le 26 Août 1900.

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Souvenirs d'un jeune garçon

Historiettes authentiques, ou presque...

par Jean-Pierre Bérard

 

Notre Président Gérard, avec ténacité, me réclame un topo sur les instituteurs des Alpes. Avec ténacité, moi aussi, j’ai toujours résisté. Je ne me sens pas vraiment le mieux placé pour cela. Aujourd’hui ce travail relève d’historiens sérieux remontant aux archives authentiques tant il s’est forgé et divulgué de non moins authentiques histoires et légendes sur le sujet.

Malgré un âge qui avance, malgré moi, je n’ai pas connu l’époque des instituteurs à plumes aux foires de Guillestre ou de Briançon. Même si mon père m’en a parlé, je ne connais pas grand-chose de Benjamin Vallotton créateur de l’école « dite normale » de Dormillouse en pays Vaudois.

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Histoire de plumes

J'ai une plume, deux plumes, trois plumes

Une explication et un hommage

Gérard Bartéi

Logo MemDec... Monsieur l'évêque, pour avoir converti son carrosse en aumônes, n'en faisait pas moins ses tournées. C'est un diocèse fatiguant que celui de Digne. Il a fort peu de plaines, beaucoup de montagnes, presque pas de routes (...). Aux cantons qui ont le goût des procès et où les fermiers se ruinent en papier timbré, il disait : "Voyez ces bons paysans de la vallée du Queyras. Ils sont là trois mille âmes. Mon Dieu ! C'est comme une petite république. On n'y connaît ni le juge, ni l'huissier. Le maire fait tout. Il répartit l'impôt, taxe chacun en conscience, juge les querelles gratis partage les patrimoines sans honoraires rend des sentences sans frais ; et on lui obéit, parce que c'est un homme juste parmi des hommes simples."

Aux villages où il ne trouvait pas de maître d'école, il citait encore ceux du Queyras : "Savez-vous comment ils font? disait-il. Comme un petit pays de douze ou quinze feux ne peut pas toujours nourrir un magister, ils ont des maîtres d'école payés par toute la vallée, qui parcourent les villages, passant huit jours dans celui-ci, dix dans celui-là, et enseignant.

Ces magisters vont aux foires, où je les ai vus. On les reconnaît à des plumes à écrire qu'ils portent dans la ganse de leur chapeau. Ceux qui n'enseignent qu'à lire ont une plume, ceux qui enseignent la lecture et le calcul ont deux plumes; ceux qui enseignent la lecture, le calcul et le latin ont trois plumes. Ceux-là sont de grands savants. Mais quelle honte d'être ignorants! Faites comme les gens du Queyras."

Les Misérables, Victor Hugo, (chapitre III, A bon évêque, dur évêché)

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