Les textes

Souvenirs d'un jeune garçon

Historiettes authentiques, ou presque...

par Jean-Pierre Bérard

 

Notre Président Gérard, avec ténacité, me réclame un topo sur les instituteurs des Alpes. Avec ténacité, moi aussi, j’ai toujours résisté. Je ne me sens pas vraiment le mieux placé pour cela. Aujourd’hui ce travail relève d’historiens sérieux remontant aux archives authentiques tant il s’est forgé et divulgué de non moins authentiques histoires et légendes sur le sujet.

Malgré un âge qui avance, malgré moi, je n’ai pas connu l’époque des instituteurs à plumes aux foires de Guillestre ou de Briançon. Même si mon père m’en a parlé, je ne connais pas grand-chose de Benjamin Vallotton créateur de l’école « dite normale » de Dormillouse en pays Vaudois.

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Histoire de plumes

J'ai une plume, deux plumes, trois plumes

Une explication et un hommage

Gérard Bartéi

Logo MemDec... Monsieur l'évêque, pour avoir converti son carrosse en aumônes, n'en faisait pas moins ses tournées. C'est un diocèse fatiguant que celui de Digne. Il a fort peu de plaines, beaucoup de montagnes, presque pas de routes (...). Aux cantons qui ont le goût des procès et où les fermiers se ruinent en papier timbré, il disait : "Voyez ces bons paysans de la vallée du Queyras. Ils sont là trois mille âmes. Mon Dieu ! C'est comme une petite république. On n'y connaît ni le juge, ni l'huissier. Le maire fait tout. Il répartit l'impôt, taxe chacun en conscience, juge les querelles gratis partage les patrimoines sans honoraires rend des sentences sans frais ; et on lui obéit, parce que c'est un homme juste parmi des hommes simples."

Aux villages où il ne trouvait pas de maître d'école, il citait encore ceux du Queyras : "Savez-vous comment ils font? disait-il. Comme un petit pays de douze ou quinze feux ne peut pas toujours nourrir un magister, ils ont des maîtres d'école payés par toute la vallée, qui parcourent les villages, passant huit jours dans celui-ci, dix dans celui-là, et enseignant.

Ces magisters vont aux foires, où je les ai vus. On les reconnaît à des plumes à écrire qu'ils portent dans la ganse de leur chapeau. Ceux qui n'enseignent qu'à lire ont une plume, ceux qui enseignent la lecture et le calcul ont deux plumes; ceux qui enseignent la lecture, le calcul et le latin ont trois plumes. Ceux-là sont de grands savants. Mais quelle honte d'être ignorants! Faites comme les gens du Queyras."

Les Misérables, Victor Hugo, (chapitre III, A bon évêque, dur évêché)

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